AC-GENOCIDE CANADA DÉCLARATION 001/2004 DU 19/08/2004
DÉCLARATION CONTRE L'HÉCATOMBE DE GATUMBA
DONT LES TUTSI BANYAMULENGE RÉFUGIÉS
AU BURUNDI ONT ÉTÉ LES VICTIMES
Dans un élan de générosité spontanée
que nous ne souhaitons pas aussi fugace
que celles qui l'ont précédée, beaucoup d'organisations
et de personnalités
burundaises et internationales ont condamné le génocide, un
de plus, dont des
centaines de Tutsi Banyamulenge ayant fui l'extermination dans leur pays
d'origine viennent d'être victimes dans leur dernier retranchement à Gatumba.
Nous joignons notre voix à celles de tous les cours sensibles pour
condamner
avec la dernière énergie, pour une énième fois,
cette expression du génocide
du spécimen Tutsi de la région des grands lacs africains, programmé et
exécuté
par les extrémistes Hutu. Aucun mot, aucune manifestation ne peut
traduire la
souffrance que les victimes ont endurée et la profondeur de la blessure
dont
les survivants portent désormais la marque. Nous exprimons notre profonde
et
sincère sympathie à la communauté Banyamulenge éprouvée,
au Burundi et partout
dans le monde, et lui assurons toute notre solidarité dans son combat
pour la
survie qui est également le nôtre.
L'holocauste de Gatumba nous rappelle amèrement tous les autres pogroms
contre
les Tutsi de la sous-région depuis les années 50 et plus spécialement à partir
d'octobre 1993 au Burundi et dès avril 1994 au Rwanda et au Congo
voisin avec
la bénédiction des pouvoirs en place et une communauté internationale
indifférente. Qui ne se souvient pas de Kibimba, de Teza, de Bugendana,
de
Buta. pour ne citer que ces quelques lieux de crémation burundais?
Toujours les
mêmes auteurs, toujours les mêmes méthodes, quelques larmes
de crocodile des
bourreaux aux commandes et de leurs complices pour amuser la galerie, une
collaboration naïve ou cupide de certains survivants qui quémandent
la tête
baissée la pioche pour creuser leur propre tombe reportée au
lendemain,
inévitablement.
L'histoire des nations nous a appris que l'on ne courtise pas le monstre,
sauf
si l'on veut se faire avaler tout cru. Les alliés n'ont pas négocié avec
les
nazis mais leur ont infligé la sanction qu'ils méritaient.
Faible consolation,
les patrons de la sous-région ont décrété aujourd'hui
le FNL organisation
terroriste, comme s'il ne l'était pas hier, mais ils n'y ont mis aucun
moyen
d'action pour le mettre hors d'état de nuire. Ils ont condamné du
bout des
lèvres un FNL qui a avoué solennellement son forfait mais ont
encensé les
autres organisations génocidaires burundais à qui ils viennent
de transférer le
plus officiellement du monde l'avenir de ce pays orphelin.
Que l'on ne s'y méprenne plus! Le génocide de Gatumba, tout
comme tous ceux qui
l'ont précédé, va être réédité demain
aussi longtemps que l'attitude et
l'action de la communauté internationale resteront les mêmes
dans cette région
poudrière; aussi longtemps que les forces du mal garderont les coudées
franches
pour agir et bénéficieront du soutien multiforme des lobbies étrangers,
que
seuls les bourreaux seront récompensés alors que les victimes
achevées sont
forcées de se taire.
AC-Génocide Canada profite de cette occasion pour mettre en garde
la communauté
internationale, les pays de la sous-région et les hommes politiques
burundais
sur le grave danger que représente la philosophie que semblent adopter
la
médiation sur le Burundi et la supercherie des chefs d'États
d'Arusha en
tentant d'imposer l'inacceptable au peuple Burundais. En effet, le forcing
de
la sous-région pour faire passer à tout prix un texte aussi
partisan et
dangereux pour la survie de la nation burundaise est un crime contre le droit
et la morale politique dont la tutelle devrait se tenir prête à assumer
la
responsabilité des conséquences néfastes inévitables.
Aucune nation ne peut se
construire sur le mensonge et l'impunité du crime. En toute logique,
un accord
porteur d'avenir ne saurait résulter que d'un consensus gagnant-gagnant
entre
les fils et filles de la nation et non de l'humiliation d'une partie au profit
de l'autre.
AC-Génocide Canada se dresse en faux contre cette tentative d'usurpation
de la
souveraineté nationale et promet de continuer de se battre contre
la
consécration du génocide et de l'impunité du crime au
Burundi. Elle rappelle à
la classe politique burundaise le contenu de son mémorandum adressé au
Président du sénat de transition en date du 09 juillet 2004
lors de son passage
à
Montréal (Mémorandum au président du Sénat en
annexe).