1. Les membres de l’Association Internationale pour la Sécurité et
la Solidarité de la Communauté Tutsi du Burundi- « SurviT-
Banguka », réunis en Assemblée à Bellevue en Suisse,
ont appris avec la plus grande consternation l’acceptation de la prétendue
constitution intérimaire du Burundi par la plupart des partis non
signataires des compromis de Pretoria.
2. Ils ont été particulièrement scandalisés
entre autre par les faits suivants :
- La partialité et le non respect de la part du Président
de la République des équilibres issues de la lettre et de l’esprit
des accords d’Arusha par un forcing qui défie tous les principes
moraux de base en toute négociation.
- La rédaction et l’élaboration du projet de constitution
ont été l’œuvre exclusive de la mouvance ethnique
hutu fortement appuyée par le Président de la République,
sans concertation aucune avec tous les autres partenaires politiques et de
la société civile burundais.
- La trahison des partis de la mouvance tutsi qui, pour des raisons inavouées,
ont rompu le consensus adopté contre le soi-disant accord de partage
de pouvoir de Pretoria.
4. L’Association Internationale pour la Sécurité et
la Solidarité de la Communauté Tutsi du Burundi, SurviT- Banguka,
regrette ainsi que les gestionnaires actuels des institutions burundaises
se soient montrés aussi incapables du dialogue et de compromis susceptible
de rassurer les populations de toutes les communautés ethniques burundaises.
Ce projet de constitution qui ne satisfait que les revendications égocentriques
et les velléités génocidaires des organisations hutu
ignorent scandaleusement les préoccupations légitimes et les
intérêts vitaux de la Communauté Tutsi du Burundi.
5. Dans une société aussi profondément divisée
par le génocide anti-tutsi répétitif depuis 1965 au
Burundi, la mise en place et la consolidation d’un système dictatorial
basé sur l’impunité des divers crimes et l’exclusion
politique programmée de la Communauté Tutsi au Burundi augure
de l’avènement de drames indescriptibles dans notre pays: En
effet, le manque de compromis satisfaisants sur des questions aussi vitales
pour l’avenir de nos communautés nationales, les tendances à forcer
les décisions à travers des consultations déséquilibrées
et un referendum dont le résultat ethnocratique est connu d’avance,
constitue des attitudes qui présagent de l’achèvement
du génocide à l’encontre de la Communauté Tutsi.
6. Au regard de ce qui précède, l’Association Internationale
pour la Sécurité et la Solidarité de la Communauté Tutsi
du Burundi condamne avec la plus grande véhémence l’attitude
de trahison des Partis d’obédience Tutsi qui acceptent le dictat
d’ une telle constitution qui ne consacre pas les principes suivants:
a. Le droit légitime de chaque communauté ethnique de se choisir
ses propres représentants ;
b. L’alternance ethnique à la tête de l’Etat ;
c. L’instauration d’un système de défense et de
sécurité qui rassure de manière effective et visible
la communauté Tutsi victime du génocide rampant sans oublier
les hutu opposés à l’idéologie du génocide.
L’association SurviT-Banguka déclare que ces Partis ne devraient
plus se prévaloir d’aucun mandat de représenter la Communauté Tutsi
du Burundi.
7. Nous saluons les partis et autres forces politiques qui continuent à s’opposer à cette
constitution discriminatoire et porteuse de tous les dangers. Nous les invitions à persévérer.
8. Nous appelons la Communauté internationale à observer attentivement
la suite des événements au Burundi eu égard aux propos
du Président Ndayizeye le 23 Juillet 2004 à Gitega menaçant
d’un génocide au Burundi pire que celui de 1994 au Rwanda.
9. Les membres de la communauté Tutsi de la diaspora se réjouissent
du pas franchi dans la consolidation de leur solidarité par l’adoption
d’un cadre juridique international ayant l’ambition d’assurer
la sécurité et l’épanouissement multidimensionnel
de la communauté Tutsi. Ils profitent de cette opportunité pour
adresser un message de sympathie et de réconfort aux populations affligées
et éprouvées par des lendemains incertains.