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Actualité du 25 août 11 (SurviT-Banguka)
Burundi-politique
Cap sur les dizaines de fonctionnaires payés pour rien.
Bujumbura le 25 août 11 (SurviT-Banguka)
Pour n’avoir pas eu la chance d’intégrer le nouvel Office Burundais des recettes, OBR, plusieurs dizaines d’anciens cadres et agents du
Ministère burundais des Finances sont sur le carreau depuis près d’une année. Ce Ministère qui n’en avait plus que faire les a simplement mis à la disposition
du Ministère ayant en charge la Fonction Publique, d’autres, en particulier les « sous contrat », ont été sommés de déguerpir et de rentrer chez eux.
Aujourd’hui, tous ceux qui ont été mis à la disposition du Ministère de la Fonction Publique ont été dispatchés dans d’autres ministères (Justice, Santé,
Education, etc.). Mais n’ayant pas été accueillis, faute de postes vacants, arguait-on, ils sont forcés au chômage technique, une façon polie de les mettre
dans l’antichambre de l’exclusion.
Le pouvoir CNDD-FDD le sait pertinemment : ces cadres et agents sont des candidats à une retraite anticipée. Il s’agit surtout d’un personnel irréversiblement
hostile au parti présidentiel, CNDD-FDD, ceux qui ont accepté d’intégrer le parti ont été reçus dans d’autres services publics. Même l’Office Burundais des Recettes
a fini par accepter d’autres candidats (hors concours) sur recommandation des caciques du CNDD-FDD. Pour les laisser partir en douceur, le gouvernement continue à
les payer à chaque fin du mois. Sans qu’ils aient fait la moindre prestation. C’est aussi une forme visible et indiscutable de la mauvaise gestion des sous publics.
Burundi-politique
La société civile rate sa grand’messe.
Bujumbura le 25 août 11 (SurviT-Banguka)
Les organisations burundaises de la société civile rêvaient d’une méga réunion, genre « états généraux » pour plancher sur les questions
de l’heure. L’idée a germé, mais les sous ont manqué. Entre temps le très rusé ministre de l’Intérieur en a eu vent et du coup, il a eu la puce à l’oreille.
C’est ainsi qu’il a décidé de récupérer cette grand’messe en aidant les organisations de la société civile à organiser cette activité d’envergure nationale.
En lieu et place de ces organisations, le ministère a toqué à la porte du Programme des Nations Unies pour le Développement pour décrocher un financement.
Le PNUD a naturellement donné son aval. C’est ainsi que des réunions préparatoires ont été organisées depuis plusieurs jours sous la présidence de Térence
Mbonabuca, directeur général de l’administration du territoire.
Comme prévu, le diable s’est casé dans les détails. Au lieu de plancher sur les véritables questions qui se posent dans le secteur, en l’occurrence les
rapports société civile/pouvoirs publics, le rôle de la société civile, les entraves majeures à son épanouissement, etc. Les organisateurs désorganisés
par le ministère de l’intérieur se sont appesantis sur d’autres thématiques qui auraient pu être traités dans d’autres cadres, notamment les menaces qui
pèsent sur l’environnement, la question du sida, etc.
Au jour « j », fixé les 24 et 25 août 2011, le Président de la République qui avait promis d’ouvrir les travaux les a boudés in extremis, préférant aller
assister aux matchs de basket et de volley ball en mairie de Bujumbura. Le signal était fort à l’endroit de la société civile que Pierre Nkurunziza ne porte
pas à cœur. Il y a dépêché le 2ème vice-président, Gervais Rufyikiri, pourtant en charge des questions économiques. Ce dernier est d’ailleurs de plus en plus
critiqué dans les rangs de son parti, CNDD-FDD, comme étant de mèche avec l’opposition et, dans la foulée, la société civile qui lui est inféodée. Il a
sérieusement encouragé les organisations de la société civile qui font des actions louables en matière de défense des droits de l’homme, de lutte contre
la corruption, etc.
Mais le clou du spectacle était attendu du ministre de l’Intérieur, Edouard Nduwimana, messager officiel du Chef de l’Etat. Comme prévu, le ministre a en
effet craché son venin, en accusant les organisations de la société civile de travailler pour l’opposition politique et extraparlementaire. Dans tous les cas,
les participants aux assises de Gitega auront compris que les états généraux attendus s’étaient commués en séance officielle de mise en garde et de
joutes injurieuses.
Rwanda-génocide
La perpétuité requise contre les ex- dirigeants du MRND.
Bujumbura le 25 août 11 (SurviT-Banguka)
Le procureur a requis au début de cette semaine la prison à perpétuité contre les plus hauts responsables du parti de l'ex-chef de l'Etat
rwandais, Juvénal Habyarimana, jugés au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), pour leur responsabilité présumée dans le génocide des Tutsi de 1994.
A l'époque des faits visés dans l'acte d'accusation, Matthieu Ngirumpatse était président du Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement
(MRND) tandis qu'Edouard Karemera en était le vice-président. Poursuivis pour génocide et crimes contre l'humanité, ils répondent essentiellement, de crimes perpétrés
par des membres du parti, en particulier les jeunes, les fameux miliciens Interahamwe. « Ils ont construit une machine, les Interahamwe, ils ont huilé et mis en marche
cette machine et nettoyé tous les obstacles. La seule peine appropriée est la prison à vie », a déclaré la sierra-léonaise Sunkarie Ballah-Conteh du bureau du procureur.
« Ils ont organisé ces Interahamwe. Ils ont transformé les Interahamwe, l'aile jeunesse de leur parti, en une machine à tuer et violer », a-t-elle poursuivi.
« Karemera et Ngirumpatse, tous deux fils hautement instruits et privilégiés du Rwanda, tous deux juristes, ont abusé de l'estime dont ils jouissaient et de leur
influence et de leurs pouvoirs personnels », a renchéri Richard Karegyesa. Le magistrat ougandais a affirmé que « sans les Interahamwe, les viols et massacres de
Tutsi n'auraient pas pu atteindre une telle ampleur ». « Ils ont mis en place le gouvernement intérimaire et ont orienté, mis en application et défendu ses politiques
génocidaires. Nous affirmons que les éléments de preuve versés au procès démontrent au-delà de tout doute raisonnable leur responsabilité pénale individuelle dans le
génocide au Rwanda », a-t-il conclu.
Mardi dernier, les avocats de Karemera réagiront à ce sévère réquisitoire tandis que ceux de Ngirumpatse ont pris la parole le lendemain.
Karemera a été arrêté le 5 juin 1998 au Togo et Ngirumpatse 6 jours plus tard au Mali. Leur procès, dans lequel ils comparaissaient avec l'ancien secrétaire
du parti, Joseph Nzirorera décédé en juillet, a débuté le 19 septembre 2003. Les juges promettent de rendre leur jugement avant le 31 décembre.
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