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Actualité du 18 décembre 09 (SurviT-Banguka)
Burundi-sécurité
L’histoire de trafic d’armes revient comme
un serpent de mer
Bujumbura le 18 décembre 09 (SurviT-Banguka)
C’est abracadabrant : Sous l’ère Pierre Nkurunziza
ou plus exactement CNDD-FDD, le Burundi aurait eu le triste privilège
de caracoler en tête des pays qui constituent le cercle peu
enviable d’Etats voyous, propices à toutes sortes
de contrebandes. Déjà, le dernier rapport onusien
sur les réseaux quasi hydrique de l’appui des FDLR
qui infestent depuis des lustres l’est de la République
Démocratique du Congo indexe le général Adolphe
Nshimirimana, patron du Service burundais des renseignement, comme étant
de mèche avec ces génocidaires multirécidivistes.
Comme d’habitude, le gouvernement burundais a balayé toutes
ces allégations d’un revers de la main, arguant qu’elles émanent
de l’opposition. Ledit rapport soulignait que le général
burundais serait particulièrement impliqué dans le
trafic illicite d’armes et de minerais. Les Burundais sont
naturellement sensibles à cette idée de pullulement
d’armes qui, comme on le sait, font le lit à une chronique
insécurité. Les médias ont fait choux gras
du mystérieux colis débarqué, il y a quelques
mois, à l’aéroport international de Bujumbura,
par un avion de type « Antonov » venu tout droit du
Soudan, terre des redoutables miliciens «janjawid».
A cette époque, policiers et autres personnel de la société burundaise
de gestion aéroportuaire (SOBUGEA) habituellement mis à contribution
pour décharger les avions ont été tenus à l’écart,
remplacés à pied levé par des agents de la
documentation. Après vérification, il s’est
avéré que le fameux colis était hyper dangereux
: des fusils à lunettes munis de silencieux. Nul n’en
connaît la destination. Puis vient, comme pour en rajouter,
ce brulôt Hugh Griffiths, chercheur chargé de l'étude
des transferts illicites d'armements au SIPRI (Stockholm International
Peace Research Institute). Dans un article publié le dans
le journal français « Le Point », il relate
le peu glorieux exploit avion de type « Iliouchine IL-76 »,
immobilisé depuis le 12 décembre sur le tarmac de
Bangkok avec plus de 30 tonnes d’armes illicites. Curieusement,
l’aéroport international de Bujumbura ne serait pas étranger
pour cet avion car il a aussi foulé son tarmac en octobre
dernier, naturellement bourré d’engins de mort. « Tout
ce que je peux dire, c'est que cet avion de Bangkok ou d'autres,
possédés, loués ou mis en oeuvre par les mêmes
sociétés ou individus, ont atterri au Libéria,
en Sierra Leone, en République démocratique du Congo,
en Somalie, au Soudan, au Tchad. Ce même avion a servi à transporter
des armes des Balkans au Burundi en octobre dernier ». C’est
triste et le pire est encore à venir.
Burundi-justice
Autre coup de filet dans le camp des meurtriers de l’ancien
vice-président de l’Olucome
Bujumbura le 18 décembre 09 (SurviT-Banguka)
Le dossier lié à l’assassinat d’Ernest
Manirumva, ancien vice-président de l’Observatoire
de lutte contre la corruption et les malversations économiques
tué en avril, est comme une patate chaude que les différentes
commissions d’enquête se passent sans jamais arriver à casser
l’énigme en démasquant les auteurs et les mobiles.
Mais c’est aussi comme une affaire d’Etat. Car le militant
anticorruption a été lynché pour couper court
aux enquêtes qu’il conduisait avec brio sur des dossiers
délicats de malversations. Abasourdie la communauté internationale
a sommé le gouvernement burundais de faire diligence pour
débusquer les criminels. C’est donc une question de
gouvernance et le pouvoir a l’obligation de résultat.
A n’en pas douter, ce dernier est notoirement impliqué dans
la disparition de ce croisé de la corruption et des malversations économiques.
Par le force des choses, le voilà aujourd’hui face à un
dilemme quasi cornélien, car en ne faisant rien, il se mettrait à dos
ses principaux bailleurs de fonds et en sacrifiant les vrais assassins,
il aura montré au monde et au peuple burundais que le pays
est tenu en bride par des as du crime. Dans un tel contexte, le
gouvernement burundais a pris l’option de se hâter
lentement en sacrifiant prioritairement les seconds couteaux. Ainsi,
dix personnes soupçonnées d’avoir trempé dans
ce meurtre sont au noir. Quatre policiers subalternes et deux anciens
combattants démobilisés. Les autres sont des civils.
A priori, il s’agit de vrais faux coupables car l’assassinat
du vice-président de l’OLUCOME a été sans
aucun doute planifié et exécuté avec de grands
moyens de l’Etat (véhicules, motorolas, policiers,
etc.). Aujourd’hui, les détenus dans cette affaire
menacent de tout déballer devant la justice car ils se disent
injustement arrêtés au moment où les véritables
concepteurs se la coulent douce. Ils ont fait recours à la
cour d’appel qui promet de plancher sur leurs plaintes le
18 décembre 09. Selon Pierre Claver Mbonimpa, la commission
d’enquête devrait arrêter un général
de la police et un colonel de ce même corps, qui ont participé à ce
meurtre. « S’ils ne les arrêtent pas aujourd’hui,
demain ce sera tard car ils auront fuit le pays comme toujours»,
déclare-t-il. Selon certains médias, le colonel en
question serait un certain David Nikiza, il vient d’être
muté vers un autre service et il s’apprêterait à prendre
le large. Mais l’Interpol le tient naturellement à l’œil.
Il devrait subir le même sort que Gabriel Nduwayo alias Sésé,
un des présumés exécutant de la sale besogne
qui, en cavale depuis quelques jours, a été arrêté au
Canada le 16 décembre 09. Selon le procureur général
de la République Elysé Ndaye, la 3ème commission
d’enquête sur la mort de Manirumva devra rendre son
rapport au plus tard le dix février.
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