| |
Actualité du 7 octobre 10 (SurviT-Banguka)
Burundi-médias
La Radio Publique Africaine est au creux de la vague
Bujumbura le 7 octobre 10 (SurviT-Banguka)
Les temps sont décidément difficiles pour la radio
publique africaine(RPA) constamment assimilée au parti d’opposition
de l’ancien journaliste (co-fondateur de cette même
radio) Alexis Sinduhije. Cette radio est en effet depuis quelques
jours, dans la ligne de mire de la police. Traditionnellement accrochée
par la justice en raison de son ton osé et résolument
accusateur vis-à-vis du gouvernement, mise en cause à plusieurs
reprises en raison de son sens élevé d’investigation/anticipation,
la Radio Publique Africaine est cette fois, indexée pour
un dossier atypique et pour le moins mystérieux. Un prétendu
trafic d’armes auquel se seraient livré certains de
ces travailleurs ou autres correspondants. C’est dans cette
inquiétante perspective que deux de ses employés,
en l’occurrence un certain Juma Zuberi, journaliste à la
RPA-Ngozi et Alain Ntamagendero, Directeur Administratif et Financier,
viennent de subir un interrogatoire musclé conduit par une
commission composée de policiers et de magistrats au parquet
de la République en Mairie de Bujumbura. Pour mieux les
confondre la Police avait emmené comme témoin à charge,
un certain Joël Sindaye. Selon des sources concordantes, ce
témoin serait pour le moment sous la protection du Service
National de renseignement et logerait depuis près de deux
semaines dans un hôtel huppé de Bujumbura, la capitale
burundaise. « C’est un montage éhonté et
nous pensons que c’est volontairement voulu pour fermer cette
radio qui dérange le pouvoir et qui a toujours été associé au
parti MSD, nous rappelons que nous sommes journalistes et non militants »,
confie Palice Ndimurukundo, journaliste à la RPA. Reste
que même Jean Marie Vianney Hicuburundi, Représentant
légal adjoint de la RPA, a été entendu à deux
reprises par la justice. Aujourd’hui, la RPA est donc victime
d’un montage ourdi par une taupe, en la personne de Joël
Sindaye. Cet ex rebelle du CNDD-FDD est aussi un ancien combattant
FNL qui papillonne dans l’unique but d’assouvir sa
faim. Père de deux enfants, ce bandit multirécidiviste
est originaire de Ngozi. Après avoir fait le tour de toutes
les rébellions, après avoir trahi ses co-combattants
il a migré vers le parti MSD. Mais au lendemain des communales
encore controversées, il a retourné sa veste du côté du
CNDD-FDD. Il lui promet la peau de la très battante radio
RPA. Au prix de son pesant d’or, cela va sans dire !
Burundi-sécurité
Encore des cadavres accusateurs sur le lac
Bujumbura le 7 octobre 10 (SurviT-Banguka)
La machine répressive est toujours bien huilée,
côté Rukoko. En témoigne le flux massif d’épaves
humaines qui s’échouent sur la rive du lac Tanganyika à l’ouest
de Bujumbura, la capitale burundaise. Parmi trois corps qui flottaient
sur ce lac dans son embouchure avec la Ruzizi, se trouve encore
trois jeunes ex-combattants du mouvement FNL-Palipehutu commué depuis
peu en parti politique FNL. Aussitôt découverts lundi
ce mardi, ils ont été identifiés et la fatale
histoire de leur arrestation est racontée par des rescapés
qui sont aussi leurs anciens voisins de colline. « C’est
samedi dernier qu’un groupe de policiers et de militaires
en tenues nous ont assaillis à Buganda, ils étaient
guidés par un certain Butoyi qui a désigné du
doigt les hommes à arrêter ceux qu’il fallait épargner,
ils nous ont alors embarqués dans leur comionnette, direction
commissariat, nous avons été détenus dans
deux endroits différents, les trois disparus dont un ancien
major FNL, ont été conduit dans un lieu inconnu mais
nous nous avons été relâchés tard dans
la nuit, voilà qui nous les retrouvons flottants sur le
lac ; c’est dommage et c’est la police qui tue dans
le but de purger le pays de prétendus combattants FNL, je
dois dire que c’est une honte car tous les démobilisés
ex-combattants FNL ne sont pas de nouveaux rebelles », confie
un rescapé qui accuse ouvertement les policiers.
Reste que ces cadavres s’ajoutent à dix huit autres
retrouvés au même endroit il y a quelques semaines.
L’un des tués était handicapé. Ses prothèses
ont été retrouvées mardi matin tandis que
son corps flottait sur la Rusizi à la fin de la journée
selon des sources concordantes à Gatumba.
|
|