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Actualité du 7 mars 12 (SurviT-Banguka)
Burundi-syndicats
Les enseignants devront prendre leur mal en patience.
Bujumbura le 7 mars 12 (SurviT-Banguka)
La ministre burundaise en charge de la fonction publique se fout éperdument des élucubrations des
enseignants qui ne cessent de brandir l’arme de grève pour revendiquer leurs droits.
Comme toujours, le ressort de la grogne syndicale chez les pauvres enseignants reste le paiement des arriérées des
salaires, le déblocage des carrières, l’impôt toujours croissant et frappant des salaires modiques, l’harmonisation
des salaires pour tous les fonctionnaires, etc. Mais tout ce chapelet de misère ne semble pas émouvoir la ministre
Annonciate Sendazirasa. Elle est d’ailleurs catégorique : avant 2013, rien ne sera accordé aux enseignants en termes
d’avantage. Le blues des enseignants devrait aller croissant.
Pour exprimer leur trop-plein de chagrin, ceux du secondaire, syndiqués au sein du Conseil National du Personnel de
l’Enseignement Secondaire, (Conapes) sont en grève depuis le 5 mars. Elle ne devrait durer que quatre jours.
Plus cynique que jamais, la ministre leur propose de tout plaquer et jusqu’à la fin de l’année : « Les quatre jours
que dureront la grève sont très peu, je propose aux grévistes de la prolonger jusqu’à la fin de l’année 2012 puisque
le budget de cette année n’a pas prévu le montant exigé par ces enseignants. Pour moi, cette question pourrait
probablement être inscrite dans des dossiers à honorer en 2013. Mais dans ce cas tous les grévistes ne seront plus
considérés comme des fonctionnaires de l’Etat », a-t-elle déclaré.
En réalité, il y a comme une anguille sous roche : comme toujours, les enseignants grévistes sont assimilés aux acteurs
politiques de l’opposition. Rompu à l’art de diviser pour régner, le pouvoir CNDD-FDD mobilise les enseignants militants
pour rester au service et piéger les absentéistes afin de les remplacer, illico, par les plus sages.
Burundi-justice
Le mystère qui entourait encore l’assassinat d’Ernest Manirumva s’est finalement dissipé.
Bujumbura le 7 mars 12 (SurviT-Banguka)
Tout fini par se savoir. Trois ans après le macabre assassinat du militant anti corruption/malversations
économiques, Ernest Manirumva, la vérité finit par éclater au grand jour et au grand dam des assassins/commanditeurs
qui n’avaient rien ménagé pour faire disparaître les témoins avérés, en l’occurrence les policiers, agents de transmission
des généraux et autres colonels qui ont décidé de le lyncher. Pour avoir été mis à contribution, une dizaine de policiers,
agents de transmissions ou pas, ont été liquidés ou sont portés disparus. Mais il y a encore un miraculé qui, tout en ayant
pris part au projet funeste sur ordre de ses supérieurs hiérarchiques, a pu survivre aux récurrents pièges. C’est Gilbert
Havyarimana. Il se reconnaît comme étant un des acteurs clés dans cet ignoble crime et a tout déballé aux médias avant de
prendre le large et de s’installer aux Etats-Unis d’Amérique.
Mais ce n’était plus qu’un secret de polichinelle même si le Procureur de la République a récemment repris les enquêtes
pour, prétend-il, démasquer les assassins de l’ancien vice-président de l’OLUCOME. Comme l’indique le rapport de la troisième
commission d’enquête, Ernest Manirumva a été tué sur ordre des hauts responsables de la police et de la Documentation.
Son assassinat avait été précédé par plusieurs réunions organisées par les généraux Adolphe Nshimirimana, patron de la
documentation et Gervais Ndirakobuca (directeur général de la police) et Désiré Uwamahoro, commandant GEMIR. Ces trois gangsters
ont personnellement pris part au meurtre en question et une dizaine de véhicules appartenant à ces officiers ainsi qu’aux autres
hauts cadres issus du CNDD-FDD, en l’occurrence l’ancien directeur de la douane Ezéchiel Nibigira, ont été mis à contribution
dans cette sale opération. Cela est aussi confirmé, trait pour trait, par le rapport de la police américaine d’investigation, FBI.
Ce dernier a d’ailleurs recommandé avec insistance le test ADN de ces présumés assassins. Mais le parquet général de la République
ne daigne pas les approcher, ni même les faire comparaître en audience publique dans cette affaire, simplement parce que ce sont
eux qui ont le contrôle de l’Etat qui constitue un incontournable instrument de répression/lynchage d’éléments gênants pour le Chef
de l’Etat, Pierre Nkurunziza.
Ernest Manirumva piochait sur un irrégulier juteux marché d’armes illicites contrôlé de bout en bout par le
général Adolphe. Ce dernier a personnellement supervisé son assassinat pour couper court à ses intempestives enquêtes. En lieu
et place des véritables criminels, ce sont des innocents qui moisissent à la prison centrale de Mpimba, notamment l’homme
d’affaire Hilaire Ndayizamba.
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