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Actualité du 7 janvier 11 (SurviT-Banguka)
Burundi-malversations
Le président de la République répond à Gabriel Rufyiri.
Bujumbura le 7 janvier 11 (SurviT-Banguka)
Finalement, ce n’était pas des prunes. L’affaire des six-cent milliards de francs burundais n’était pas un pur montage
de l’infatigable Gabriel Rufyiri, président de l’observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques. Le président
de la République, Pierre Nkurunziza le reconnaît et pour rassurer la communauté nationale et internationale, il passe naturellement par son
porte-parole, Léonidas Hatungimana.
Ce dernier vient en effet de reconnaître que le contrat controversé a bel et bien eu lieu avec une société californienne.
Mais le Burundi n’a jusque là rien versé et une commission ad hoc se penche sur le dossier pour relever les nombreux vices de formes qui
l’émaillent. « Cela revêt un caractère hautement secret car il y va de la sécurité de l’Etat, c’est ainsi que le moment venu, le président
de la République va éclairer l’opinion sur ce dossier qui inquiète plus d’un en raison du montant important qu’il implique », a déclaré
Léonidas Hatungimana.
Difficile de comprendre ce qu’a voulu réellement dire le porte-parole du président de la République. Manifestement le dossier
a toutes les allures de complicité dans le blanchiment d’argent sale comme certains commençaient à le chuchoter. Même le président de l’OLUCOME,
Gabriel Rufyiri y perd son latin ; lui qui a les pièces qui illustrent bien que le marché a été conclu et que l’argent a été versé. Mais comment
diantre ! Difficile de répondre comment un pays dont le budget annuel tourne autour de 1000 milliards de francs peut dépenser 60% pour l’achat
du matériel de communication.
Burundi-génocide
Les victimes hantent toujours.
Bujumbura le 7 janvier 11 (SurviT-Banguka)
Les Burundais attendent beaucoup de la commission Vérité/Réconciliation que le gouvernement tarde toujours à mettre en place
pour arriver à les réconcilier définitivement. En attendant que cette commission soit mise en place et se mette à l’œuvre, des initiatives
isolées se prennent ça et là, tantôt pour ériger un monument honorant la mémoire de ceux-ci, tantôt pour enterrer dignement ceux qui ont été
tués et enfouis sommairement sous terre dans la plus totale confusion.
Cet ordre dispersé risque d’être préjudiciable à l’idéal d’unité et de réconciliation solennellement prôné dans le sacro-saint
accord de paix et de réconciliation difficilement signé par les différents protagonistes le 28 août 2000. C’est en tout cas l’avis de certains
leaders de la société civile, en l’occurrence le délégué général du Forum pour le renforcement de la société civile, Pacifique Nininahazwe.
Ce dernier ne s’embarrasse pas de circonlocution pour douter des tenants et des aboutissants de l’initiative de l’Association
des Veuves et Orphelins pour la défense de leurs Droits (AVOD) qui consiste à « enterrer systématique dans la dignité des différentes personnalités
tuées dans les événements sanglants de 1993 et d’autres tueries qui ont suivi ». « Je crains que chaque famille érige un monument là où elle pense
que le sien a été tué et enterré, alors que les accords d’Arusha précisent bien que le gouvernement doit construire un monument unique pour toutes
les victimes des tueries au Burundi », a-t-il expliqué.
Mais ce scepticisme est loin de faire fléchir les initiateurs d’AVOD, en l’occurrence Mme Jacqueline Karibwami, présidente d’AVOD.
En compagnie d’autres veuves de la même vague notamment Mme Générose Bimazubute, elle a déjà procédé à l’enterrement, « dans la dignité », des
restes des gouverneurs Anglebert Sentamo (de Karusi) et Sylvestre Nurwakera (de Gitega) assassinés ensemble en octobre 1993.
Dans une conférence de presse qu’elle a animée le 6 janvier à Bujumbura, cette dame a également annoncé que son association organise
les funérailles dans la dignité samedi, le 8 Janvier 2011 des restes de feu Augustin Ntabayanda, administrateur de la commune Busoni en province de
Kirundo (au nord du Burundi) assassiné le 22 octobre 1993. « Notre objectif est d’honorer la mémoire des disparus et soulager les familles des
victimes », fait-elle savoir.
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