Actualité du 20 mai 09 (SurviT-Banguka)
Burundi sécurité
Le CNDD-FDD mine le pays pour en garder le contrôle
Bujumbura le 20 mai (SurviT-Banguka)
Le monde fiche déjà le Burundi au rang des pays en situation
post conflit. Des aides sont débloquées à foison pour
aider à reconstruire le pays et consolider la paix retrouvée.
Mais au-delà des mots, il y a toujours l’atroce réalité de
la mort ambiante et chronique. C’est ainsi que ce néologisme
a du mal à prendre racine dans l’esprit des Burundais qui baignent
quotidiennement dans le jus de la mort et se savent fatalement dirigés
par un groupe de rebelles qui sont prêts à tous les sacrifices
pour garder le contrôle du pays et échapper au sort qu’ils
méritent si le droit retrouvait finalement ses lettres de noblesse.
Ils ne lésinent pas sur les moyens en misant sur un autre remake en
2010.
Alors que les habitants de Bujumbura rural, aux portes de la capital
du pays, commençaient déjà à pousser un ouf de
soulagement après le retrait des combattants FNL, voilà que
le parti présidentiel y fait une incursion maligne pour séduire
les ex-rebelles FNL éjectés et bien d’autres laissés-pour-compte
laissés ou autres affamés laissés sur le carreau, pour
gagner leur cœur et en faire de véritables chiens de garde. Selon
de nombreux témoignages concordants, le CNDD-FDD vient de leur distribuer
d’importantes quantités d’armes et de faramineuses sommes
d’argent. Il leur demande, en contrepartie, de veiller à ce
qu’aucun autre parti politique de daigne faire la moindre descente
dans la contrée à des fins de propagande.
« Les fusils
massivement distribués ne le sont que pour descendre froidement ceux
qui vont s’y aventurer et nous avons aussi eu une ferme promesse d’être
engagés dans le service national de renseignement au cas où le
CNDD-FDD se maintiendrait au pouvoir ; c’est leur objectif ultime »,
déclare, sous signe d’anonymat, un des anciens garçons
d’Agathon Rwasa qui vient de changer de casquette. Mais la population
reconnaît que le parti présidentiel veut rallumer le feu de
la guerre dans le souci de sauvegarder les avantages d’une poignée
de quelques politiciens. C’est ainsi que certains affirment haut et
fort que la guerre leur coûtera certainement plus cher et qu’ils
vont tout faire pour dénoncer ceux qui veulent nous faire retourner
en arrière.
Burundi-malversations.
L’OLUCOME gueule encore.
Bujumbura le 20 mai (SurviT-Banguka)
Bien qu’il ne se soit pas encore remis du cruel assassinat de son
vice-président, l’observatoire de lutte contre la corruption
et les malversations économiques (olucome) se refuse de se taire face
aux nombreux actes de malversations perpétrés sous l’œil
bienveillant et instigateur du pouvoir ou plutôt du parti CNDD-FDD
qui en répond. Le coup de projecteur est cette fois braqué sur
l’office burundais du thé. Dans une conférence de presse
qu’il a organisée à Bujumbura le 20 mai, Gabriel Rufyiri,
président de l’Olucome, a énergiquement dénoncé la
gestion opaque de l’Office du thé du Burundi. L’entreprise
risque d’être coulée à l’image de l’industrie
du textile, cotebu. Et le parti présidentiel reste le seul fossoyeur
de cette entreprise qui, hier encore, surfait sur les vagues du succès.
L’une des nombreuses irrégularités qui crèvent
les yeux est liée au fait que son ancien directeur commercial, en
l’occurrence l’honorable Freddy Mbonimpa, catapulté au
siège de député (CNDD-FDD) en juin 2008, n’a jamais
cessé de jouir des avantages pécuniaires liés à son
ancienne fonction à l’OTB. Gabriel Rufyiri rappelle que le fait
que M. Mbonimpa ait gardé ses fonctions à l’OTB viole
la Constitution et le code électoral. L’article 152 de la Constitution
prévoit en effet que « le mandat de député est
incompatible avec toute autre fonction à caractère public ».
Tout agent public, statutaire ou contractuel, qui est élu comme député,
est d’office placé dans la position de détachement »,
a-t-il expliqué. « Pour lui, étant donné qu’il était
directeur commercial d’une société publique et qu’il
a été élu député, il devait automatiquement
cesser ces fonctions, et ce poste reste vacant depuis le mois de juin 2008 »,
ajoute-t-il. En raison de l’absence d’un directeur commercial
nommé, l’OTB a déjà été victime
ces deux derniers mois d’un détournement de plus de 52 tonnes
de thé d’un montant important de plus de 130 millions de FBu
par certains transitaires, certainement en connivence avec certains agents
de l’OTB, note le président de l’OLUCOME.
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