Actualité du 10 mars 09 (SurviT-Banguka)
Rwanda – génocide
Les Etats-Unis promettent de traquer le présumé financier
du génocide.
Bujumbura le 10 mars 09 (SurviT-Banguka)
L’étau se resserre sur le nerf du génocide rwandais
de 1994. Bien qu’il soit calmement terré depuis des années
en terres kenyanes, le milliardaire Félicien Kabuga, véritable
appui financier des génocidaires rwandais, ne manquera pas de frémir
dans son repaire. Les Etats-Unis viennent en effet de lui déclarer
la guerre et le Rwanda se félicite naturellement de cette décision.
Le tout nouveau gouvernement américain promet en effet de tout mettre
en oeuvre pour rechercher Kabuga Félicien. "C'est un développement
positif. Le Rwanda souhaiterait que ce présumé génocidaire
soit traduit devant la justice",
a déclaré le ministre rwandais de la justice Tharcisse
Karugarama. "Cet
homme est recherché depuis des années par le TPIR (Tribunal
pénal
international pour le Rwanda). S'il y a une volonté des Etats
de coopérer,
sans doute que le suspect sera arrêté à coup sûr",
a-t-il encore affirmé. "C'est une affaire de justice qui
interpelle le monde entier à coopérer pour arrêter
les suspects génocidaires
rwandais en quête d'asile", a-t-il aussi fait remarquer.
Dans un communiqué officiel
rendu public la semaine passée, le département d'Etat
américain
a mis à prix la tête de M. Félicien Kabuga, à raison
de 5 millions de dollars US pour toute personne qui fournirait une
information relative à l'endroit où se cacherait cet
homme d'affaires rwandais désigné comme le financier
du génocide de 1994 au Rwanda.
En 2004, le Rwanda a publié une liste de quelques 96 principaux
planificateurs du génocide des tutsi, qui se cacheraient dans
plusieurs pays notamment en Europe et en Amérique du nord, selon
Kigali. Le génocide de
1994 a fait quelque 1,4 millions de morts essentiellement parmi la
communauté tutsie,
selon le nouveau bilan des victimes de ces tragédies, établi
cette année par « Ibuka » (souviens-toi), une des
principales organisations des rescapés .
Burundi -réconciliation
Des incertitudes autour des mécanismes de mise
en place de la justice transitionnelle. Bujumbura le 10 mars 09 (SurviT-Banguka)
Théoriquement, le processus de consultations nationales en vue de
se fixer sur les mécanismes de justice transitionnel devrait commencer
en avril prochain. Le triptyque Nations Unies, société civile
et gouvernement est visiblement à pied d’œuvre et tout
semble être fin
prêt. Les fonds requis pour lesdites consultations sont
déjà là et
quatre cabinets d’experts (préparation du questionnaire
en rapport avec les modalités de mise en place de la
justice transitionnelle au Burundi, élaboration
d’un guide des consultations, identification des personnes à consulter,
etc.) ont déjà manifesté leur intérêt
pour organiser techniquement ces consultations.
Mais la partie
gouvernementale se
hâte lentement, car le parti présidentiel qui
en est le fer de lance est plutôt obsédé par
un autre calendrier, en l’occurrence
celui des prochaines élections. Selon un des représentants
de la société civile dans le comité tripartite
de pilotage de ces consultations, le gouvernement aurait l’intention
d’accélérer
le processus pour récupérer le temps perdu. Le
respect du calendrier (pour faire bonne figure aux yeux de
la communauté internationale) primerait
sur la qualité des résultats. Il y a fort à parier
que ces résultats seront volontairement faussés
par ce même acteur, à défaut
de les manipuler pour tourner à son avantage. La vérité absolue
sur les abominations dont le Burundi est le théâtre
depuis plus d’une décennie est rébarbative
même aux yeux des bourreaux
que sont les grosses légumes qui contrôlent le
pays aujourd’hui.
La plupart d’entre eux, le chef de l’état
au premier chef, sont des condamnés à mort pour
avoir gratuitement envoyé à la
mort des milliers de concitoyens (mines, bombes, mitraillage,
machettes, gourdins, etc.). Les Burundais n’auront droit
qu’à un simulacre de consultations.
Signe que les mécanismes de justice transitionnelle
qui en découleront
seront de fausses pistes. Pourtant, comme ne cesse de le répéter
l’association anti-génocide AC-Génocide,
le mal burundais n’est autre que le génocide conçu
et perpétré par
une galaxie d’organisations, paradoxalement commuées
aujourd’hui
en fréquentables partis politiques. Sans chercher midi à quatorze
heures, il est important pour tous ceux qui veulent du bien
au Burundi de penser à rétablir
la véritable justice en châtiant les auteurs de
cette tragédie
qui a pour nom génocide », résume le professeur
Venant Bamboneyeho, président de AC-Génocide.
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